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La meilleure de toutes les techniques de yoga est une bonne attitude. LES YAMA (2/3)

L'attitude est quelque chose de vivant et qui réside dans le moment avant l'action. Dans l'Ashtanga Yoga de Patanjali, les deux premiers aspects sont appelés Yama et Niyama et les deux ont trait à l'attitude.

Yama est la discipline du corps et Niyama est la purification de l'esprit.


Yama signifie "s'abstenir" ; c'est ce qu'il faut éviter.


Dans ce post vous ne trouverez pas les habituelles explications des différents Yama ; j'ai voulu aller un peu plus loin et partager avec vous des points de vues, dans le sens littéral du terme : j'ai pris un angle de vision et j'y ai appliqué les Yamas.


Le concept de Yama est quelque chose de dynamique, qui évolue en fonction de notre capacité de compréhension, de pénétration des Yama. Ce ne sont pas des règles morales, fijées dans leur interprétation, ce sont des concepts pour nous aider sur le Sentier.


Il y a 5 Yama : Ahimsa, Satya, Asteya, Brahmacharaya et Aparigraha.

1.- AHIMSA : Ne pas nuire, l'innocuité.

"Lorsque la non nuisance, Ahimsa, est fermement établie, toutes les hostilité cessent." (Yoga Sutra de Patanjali, aphorisme II-35)


Ne pas faire de mal, s'abstenir de nuire. Il s'agit de supprimer l'intention de nuire dans tout ce que je fais.

Le manque de justice produit toujours de la souffrance. Pour trouver la paix, il faut qu'il y ait la justice. Ce qui est injuste est comme un poison, qui agit à plus ou long terme. Le mal et l'injuste ont beaucoup en commun et vont en général de paire.

Ahimsa n'est pas simplement la non-violence, même si on les confond souvent. La non-violence n'est pas Ahimsa.

Pour ne pas exprimer son agressivité un être humain doit la réprimer, mais elle est là. Certains même manifestent de la bonté et c'est seulement plus tard, lorsque leur but est atteint, que se révèle l'agressivité exprimée, la manipulation.


Ahimsa c'est ne pas nuire et peut même entraîner l'innocuité.

La nature manifeste la violence qui nous est inné à travers les tempêtes, les tremblements de terre, etc. Notre capacité de destruction, de nuisance est bien réelle et nous devons la connaitre et la contrôler (et parfois même la réprimer). Si nous sommes attaqués (nous ou l'un de nos proches) nous devons nous défendre. L'action non-violente ce n'est pas se laisser agresser sans plus. Ne pas nuire commence par soi-même et quand je ne me défends pas des agressions des autres, je suis violent avec moi-même. Se défendre est juste et nécessaire, c'est ce qu'enseigne les arts martiaux.


2.- SATYA : la véracité.

"Lorsque la véracité, Satya, est fermement établie, l'action porte ses fruits sans devoir agir." (Yoga Sutra de Patanjali, aphorisme II-36)


Ce Yama inclue la vérité et la vertu, car les deux vont ensemble ; en effet, il ne peut y avoir de vertu sans vérité. De même que le mensonge et le vice vont ensemble.


La personnalité est une façade, ce n'est pas notre vraie nature, ce n'est pas la vérité, mais le personnage que nous avons construit se cache derrière cette façade grâce au mensonge.

L'attitude doit exister avant et pendant l'action. C'est elle qui dirigera notre action, qui pointera vers un résultat, et qui, à travers la conscience, fera de cette action une technique de yoga.


Lorsque nous avons étudié les Yama et Niyama, nous pouvons diriger notre action à travers ces attitudes yoguiques, et c'est ainsi que nous donnerons une autre dimension à une asana ou toute autre action.


Satya est la véracité et aussi la sincérité.


3.- BRAMACHARIA : la tempérance.

"Lorsque la tempérance, Bramacharia, est fermement établie, toutes les choses s'approchent." (Yoga Sutra de Patanjali, aphorisme II-37)


C'est la voie du milieu que Bouddha a tant prêchée. La voie du milieu va parfois d'un extrême à l'autre, étant un jour Prince et plus tard mendiant.

La voie du milieu nous parle de ne pas recherche le plaisir qui produise des attachements. Elle nous parle de comportements ordonnés, afin de ne pas tomber dans l'esclavage, et aussi d'éviter les addictions, car elles nous empêchent d'être maître de nous-même.

Bramacharia c'est l'équilibre. Une vie pleine de tempérance nous enseigne que la vie est comme un chemin avec ses deux bords et que l'équilibre est au milieu. Lorsqu'on s'approche des bords on trouve la souffrance. Les excès apportent la souffrance, que ce soit l’excès de nourriture (on a mal au ventre), de connaissance (on n'agit plus), de travail (le stress), de tranquillité (l'ennui), etc.


L'équilibre parfait, le Shamadi (qui est l'Union avec l'essence de Soi-même, aussi appelé Illumination) n'est pas atteint lorsque la personnalité est en équilibre mais lorsque la personnalité a été transcendée. Bramacharia c'est l'équilibre de la personnalité.


4.- ASTEYA : Ne pas voler, l'honnêteté.

"Lorsque l'honnêteté, Asteya, est fermement établi, on acquiert de l'énergie."

(Yoga Sutra de Patanjali, aphorisme II-38)


Nous pouvons voler du temps, de l'énergie, de l'amour, de l'attention, de l'intimité, des responsabilités, de la propriété intellectuelle, du savoir, de la paix, de l'harmonie, de l'argent, du repos des autres.

Si nous profitons de ce qui nous appartient il n'y a pas de problème, mais si nous désirons ce qui appartient aux autres il nous faut demander la permission.

Toute appropriation indue génère le besoin de restitution, chaque fois que je vole, quoi que ce soit, il doit y avoir réparation. Celle-ci peut avoir lieu à travers les lois humaines et réparer les injustices humaines il y a la loi du Karma.


Asteya veille également à l’honnêteté des autres. L'occasion, la tentation, nous rend vulnérables, et nous devons protéger ce qui nous appartient mais aussi ce qui est aux autres. Lorsque Asteya est acquis la vie nous apporte ce dont nous avons besoin.


5.- APARIGRAHA: Ne pas accaparer, la générosité.

"Lorsque la générosité, Aparigraha, est fermement établi, on perçoit la raison de la naissance." (Yoga Sutra de Patanjali, aphorisme II-39)


Aparigrafha c'est le fait de contrôler notre intention d'accumuler ou de s'encombrer ce que nous n'utilisons pas. Dans ce dernier cas nous pouvons le prêter ou même le donner pour que quelqu'un d'autre puisse l'utiliser. Il s'agit de générosité. Que les choses circulent. Lorsque nous accaparons les choses, que ce soit une industrie ou la chaise de la salle de classe, nous empêchons que les autres en profite. Le non-attachement commence ici par un non-attachement aux choses matérielles.

Nous devons aussi faire en sorte que l'autre gagne, car la prospérité est pour tout le monde. Si l'un accumule l'autre manque et ceci est contraire à l'unité et à l'amour. C'est pourquoi il faut profiter de la vie et des choses que nous donne cette vie mais sans accumulation.

La nature a un esprit de fontaine : tout le monde boit et l’eau continue de couler. Il y a de l'eau pour tout le monde.


Les Yama s'installe en nous ou nous nous installons dans les Yama ? Est-ce que quelqu'un doit mettre en nous la Véracité, la Tempérance, l'Innocuité, l'Honnêteté ou la Générosité ? Ou est-ce qu'elles nous viennent de l'intérieur et que nous devons les "connaître", les "révéler" ?


Les Yama et Niyama sont des aspects de l'amour et l'amour est une force qui existe en nous. C'est cette force-là qui nous rend tou.te.s frères et sœurs, qui nous unit aux autres.


Si la force de l'amour n'est pas là, c'est son contraire qui s'exprime, c'est-à-dire l'égoïsme et la séparation. Ainsi est le champ de bataille décrit dans la Baghavat Gita, la bataille du culte à l'égo.


Lorsque l'aspirant yogui.ni vibre avec ces principes, ceux-ci le/la font réfléchir encore et toujours, car il ne s'agit pas de dogmes mais bien de principes éthiques qui doivent nous inspirer.


Dans le prochain post nous parlerons des Niyama.


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